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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 18:58

 

 

Les vagues du « tzunami » Wikileaks sont en train de se former. Une infime partie de ce que les grands de ce monde se disaient, dans le silence des cabinets diplomatiques, vient d’être révélée. Mais, déjà, l’Administration Américaine de BHO commence à paniquer vu ce qu’elle a fait, fait et fera encore dans cette région considérée par elle comme essentielle pour la paix et le bonheur du monde, le Proche Orient.

 

Faisons court et passons sur les 4.000 années d’histoire du peuple juif sur la terre promise (que nient, à répétition, tous ceux qui, pourtant, disent vouloir vivre en paix avec l’Etat Juif), passons sur les 62 ans d’histoire récente d’un Israël qui renaissait de ses cendres (et de celles de 6 millions de juifs objet de la « solution finale » mise en place en Europe), passons sur les 17 années depuis la dernière tentative (absurde) d’Israël de « prendre des risques pour la paix » (Oslo et ses morts du terrorisme plus nombreux depuis que pendant les 45 années précédentes). Passons, vite, pour arriver à aujourd’hui : BHO a décrété, depuis le premier jour de son règne (premier coup de fil passé à un dirigeant étranger fût pour Mahmoud Abbas) que le conflit israélo-palestinien était le nœud gordien de la paix du monde. Et faute d’avoir été défait pendant les soixante années précédentes, il fallait le couper. Et pour cela il fallait rendre gorge à Israël considérée comme responsable de la permanence du conflit. Ses justifications (que d’aucuns pouvaient considérer légitimes pour les Etats Unis) ne pouvaient être que politiques ou idéologiques. Sachant que 78% des juifs américains (qui ont à cœur le sort d’Israël) ont voté pour lui et que des élections à mi-mandat allaient venir, les motivations politiques étaient, d’évidence, absentes. Restent les motivations idéologiques.

 

Une première alerte, qui aurait dû vous surprendre, le discours au Caire quand il a, sans vergogne, établit une analogie entre la Shoah et le sort du « peuple palestinien ». Mais ce n’était que le commencement : ce qui a suivi, par delà l’effet sur Israël, a montré au monde qu’il n’entendait pas se trouver lié par les engagements des précédents présidents (en particulier, la lettre de G.W.Bush à A.Sharon par laquelle l’Amérique - car la lettre a été confortée par une approbation presque unanime du Congrès – s’engageait à respecter l’esprit et la lettre des résolutions de l’ONU, les fameuses 242 et 338)*. Ensuite, et cela depuis bientôt deux années, les demandes incessantes, publiques, appuyées par des menaces voilées ou ouvertes (votes à l’ONU, traitement de « l’ambigüité nucléaire israélienne, etc.,) qui ont culminé avec une offre injurieuse de « corruption » d’un pays (Israël) visant le faire accepter un gel à répétition des constructions en Judée /Samarie et à Jérusalem. L’offre était injurieuse mais quand il s’est agit de l’écrire, noir sur blanc, BHO a refusé de le faire. Ce qui en dit long sur la manière dont il traite ses propres promesses ...

 

Mais, la vrai pomme de discorde (compte tenu de ce qui se passe de par le monde) a été constituée par l’ensemble Israël – Palestine – Iran. D’aucuns pouvaient considérer, comme il a essayé de faire croire au monde, que la solution du conflit israélo-arabe allait, ipso facto, régler la menace iranienne (y compris le renoncement de ce pays d’entrer dans le club des puissances nucléaires). Mais pas lui : ce que les fuites de Wikileaks nous apprennent c’est que depuis deux ans tous ses diplomates qui envoyaient des notes des discussions avec tous les pays arabes « modérés » disaient la même chose : l’essentiel pour ces pays n’est pas Israël (certes, ils ne l’aiment pas et verraient sa disparition sans regret) mais l’Iran. BHO et son administration prétendaient que les dirigeants arabes demandaient des progrès dans la résolution du conflit israélo-arabe pour qu’ils coopèrent avec l’Amérique dans le traitement du problème posé par l’accession de l’Iran au nucléaire militaire. N’ayons pas peur des mots, BHO et son administration ont menti effrontément car ce que les dirigeants arabes (Arabie Saoudite, les Pays du Golfe, la Jordanie, l’Egypte et tutti quanti) leurs disaient était, est, justement le contraire. Et le mensonge selon lequel Israël pousse l’Amérique à faire la guerre à l’Iran a été démasqué par Wikileaks : ce sont le pays arabes avec l’Arabie Saoudite en tête, qui ont demandé, qui demandent à BHO de « couper la tête du serpent qui se trouve à Téhéran ».

 

C’est à dire, exactement l’inverse de ce que BHO a voulu faire croire en s’attaquant, avec toute la force dont dispose un président américain, à Israël en essayant de la pousser sur la pente du suicide national. Car il ne s’agit de rien de moins que de cela quand il veut forcer la création d’un état (palestinien) sur un territoire disputé (résolutions 242 et 338) qui n’a jamais appartenu au « peuple palestinien » et dont l’avenir (s’il voit le jour) sera celui de Gaza : tête de pont de l’Iran, vivant sous le talon du Hamas mais ... béni par tous ceux qui cherchaient une nouvelle cause pour s’attaquer à Israël. Remarquez, BHO tout en récitant l’adage « solution deux états » il n’a jamais dit « pour deux peuples » et il est peu probable que cela soit du uniquement au hasard ... Soyons clairs, il refuse le droit d’Israël d’exister en tant qu’état du peuple juif. Motivation politique ? Aucune n’est envisageable. Motivation idéologique ? Naturellement, oui.

 

Mais quelle idéologie pousse BHO à suivre une approche lourde de conséquences visibles pour le monde entier ? Un Iran nucléaire ne pourra jamais être un adversaire rationnel comme l’URSS l’a été pendant la guerre froide. Il sait pertinemment qu’une capacité nucléaire aux mains des mullahs iraniens (ou de leurs suppôts à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran) constitue une menace existentielle pour les six millions de juifs qui vivent en Israël. Pourtant, non seulement il a fait savoir à Israël son opposition à une solution militaire du problème, mais il s’est engagé depuis plus de deux ans dans une « négociation » avec l’Iran. Négocier ? L’Iran adore cela car c’est la meilleure façon de gérer une situation conflictuelle à son avantage. Le problème est que pour une puissance « révolutionnaire » une négociation n'est rien d’autre qu’une tactique pour gagner du temps. De plus, si pour des pays normaux un traité a un poids juridique et moral, pour un pouvoir « révolutionnaire » il ne s’agit que d’une étape vers l’obtention des buts pour lesquels leurs lutte ne peut que continuer. Pensez à la façon dont la Corée du Nord a habilement et à plusieurs reprises utilisé la promesse de renoncer à sa capacité nucléaire comme un outil de négociation pour obtenir d'autres avantages comme celui de subvenir aux besoins de nourriture de son peuple ... Et BHO, dont l’admission à la présidence des Etats Unis a été saluée par une explosion nucléaire Nord Coréenne ... non seulement veut « négocier » avec l’Iran mais a voulu faire croire au monde que pour cela il faut qu’Israël se suicide an offrant aux « partenaires de la paix » que sont le Fatah et Mahmoud Abbas les territoires sous son contrôle depuis la guerre de six jours initiée et perdue par trois pays arabes limitrophes.


A supposer qu’Israël acceptât ce que BHO lui demandait, ne semble-t-il pas évident qu’en acquérant une capacité nucléaire l’Iran va changer la face du Proche Orient soit qu’il s’en servait soit qu’il menaçait de le faire ? Qui peut ignorer qu’un Iran nucléaire va bouleverser l'équilibre des forces au Moyen-Orient et accentuera le rapprochement de cette région vers l'extrémisme ? Qui peut ignorer que cela permettrait aux terroristes suppôts de l'Iran, comme le Hamas et le Hezbollah, d’interdire toute chance de paix entre Israéliens et Palestiniens ? Et comme cela portera un coup fatal au régime de non-prolifération mondiale, d'autres pays de la région se lanceront, eux aussi, dans la course vers le nucléaire militaire. BHO ne peut pas ignorer cela.


Alors ? Pourquoi les juifs américains votent-ils encore pour les Démocrates ? Le pédigrée de BHO est parfaitement connu : nourri idéologiquement par son « parrain » communiste, ayant subi pendant 20 ans l’endoctrinement du Révérend Wright, ayant partagé pendant des années les convictions tiers-mondistes et pro palestiniennes d’un Rachid Khalid, BHO ne peut rien vouloir d’autre que la disparition d’Israël en faveur d’un état palestinien. Quitte à voir celui-ci se fondre dans le magma islamo fasciste dont le Hamas et le Hezbollah tiennent les rennes.


Quelle blague ... Vouloir convaincre Israël de « faire des sacrifices pour la paix » en lui demandant, en réalité, de se « sacrifier » pour une paix conclue avec ... un Mahmoud Abbas qui ne représente pas le « peuple palestinien » car il n'a même pas de fonction politique  valide vu que les élections pour le président de l’Autorité Palestinienne n’ont pas eu lieu et que le Hamas qui contrôle plus de la moitié du peuple palestinien (et veut la destruction de l'Etat d'Israël) ne reconnaît pas son autorité ... Et on apprend par Wikileaks que l’ineffable ancien ministre des Affaires Etrangères français, Bernard Kouchner, expliquait aux américains que « Mahmoud Abbas est complètement perdu et qu’il ne contrôle rien ... » . Tout ce que Mahmoud Abbas peut faire, et il le fait, c’est de suivre les traces de son mentor, Arafat, et de continuer à saboter toutes tentative d’avoir des pourparlers de paix. Et peu importe que BHO utilise des missi dominici comme J. Kerry pour aller dire à la Syrie « Israël devra vous rendre le Golan et accepter que les palestiniens aient leur capitale à Jérusalem ». Peu importe car ... Israël a décidé de ne pas se suicider.


Naturellement, on peut aussi penser que ce que BHO fait n’est qu’une erreur de stratégie comme celle de Daladier et Chamberlain. Mais sans oublier que la France et l’Angleterre ont sacrifié leur alliée, la Tchécoslovaquie pour apaiser Hitler.

 

Ce qui est certain c’est que par delà les déficits de votre pays, par delà un système de santé qui va vous appauvrir, par delà l’extension des pouvoirs du gouvernement fédéral devenant de plus en plus intrusif dans votre vie, par delà tout cela et contre ce qui une majorité d'américains se lève, ce dont le monde se souviendra après la fin du mandat présidentiel de BHO ce sera que des mollahs apocalyptiques disposent de bombes atomiques. A moins que ... les Israéliens, ne laissent pas faire.

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* Cette lettre a été écrite à l'appui de l'évacuation de Gaza par Israël. Les deux garanties principales étaient relatives (a) à l'intégration à Israël des blocs de "colonies" disposant de populations importantes, intégration qui se ferait par un échange de territoires et (b) au fait que les 4,5 millions de "réfugiés" allaient être intégrés à l'Etat palestinien qui allait voir le jour et non pas à Israël. Dès lors, BHO en ne confirmant pas la lettre … la crédibilité d'une administration américaine devient sujette à caution et de plus montre que BHO s’aligne sur les revendications maximales des palestiniens ...

 

Par martin - Publié dans : France - Géopolitique
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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 19:49


 

Notre pays est en train de se payer un « trip » dont il a le secret : des millions de gens dans les rues, des transports qui nonobstant le service minimum obligatoire fonctionnent au ralenti, des raffineries de pétrole bloquées et des dépôts de carburant en manque … y a-t-il quelque chose qui manque pour revivre mai 68 ou décembre 2005 ? Que non, même les mômes de 14 ans bloquent leurs lycées et collèges et sortent dans les rues pour affronter les CRS et autres forces de police sous prétexte qu’ils sont inquiets pour leur retraite quand ils auront plus de 60 ans.

 

Et tout cela pourquoi ? Parce que nous vivons un rare moment de schizophrénie qui, sans doute, nous est nécessaire pour continuer à vivre comme avant ou, peut-être, un peu moins bien.

 

Schizophrénie ? Le pays qui a vu naître Descartes affiche, sans se soucier de la contradiction évidente, une double logique : tout le monde sait que l’espérance de vie a augmenté de 15 ans par rapport à 1950 mais personne ne veut voir passer l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans ! Double logique car, d’un côté, on sait pertinemment qu’il est matériellement impossible de maintenir le système de retraite par répartition auquel tout le monde est attaché et, d’un autre côté, assister à la contraction de la durée de travail dans une vie mais augmenter, sensiblement, celle du non travail. Il y a 15 Millions de retraités en France aujourd’hui et seulement 27 Millions de gens au travail : ils étaient environ quatre au travail pour un retraité en 1950, il ne sont aujourd’hui que 1,8. Et comme, tous les ans, on ajoute environ 700.000 nouveaux retraités … à l’heure actuelle presque 1,5 Millions de retraités reçoivent une retraite financée par une dette financière. Schizophrénie, car d’un côté on comprend la nécessité mais de l’autre on s’oppose à tout ce qui pourrait « réparer » le système.

 

Schizophrénie ? Autant les politiques que « les partenaires sociaux » savent que les retraites doivent être financées par les gens au travail (essence même du système par répartition) et pourtant ils ne se gênent pas de réclamer, à corps et à cri, de « faire participer le capital » pour financer les retraites. Tout en sachant que cela ne pourrait se faire que par des impôts confiscatoires. Mais qu’à cela ne tienne, « il faut faire payer les riches » … Schizophrénie, car on sait depuis presque 40 ans que « trop d’impôt tue l’impôt » : la courbe de Laffer est connue de tous ce qui n’empêche personne de vouloir augmenter les impôts. Mais si l’on regarde ladite courbe on voit bien qu’à partir d’un certain seuil d’imposition le rendement de l’impôt (recettes fiscales) commence à diminuer. Et cette courbe est connue depuis bien avant la mondialisation ou de la « migration » rapide et sans limites des capitaux … Alors ? Notre pays n’arrête pas de faire le contraire de ce qu’il devrait et le résultat est là : les capitaux qui sont partis à l’étranger du fait de l’ISF depuis sa création (très largement sous estimés par les services du Ministère de l’Economie) sont probablement de l’ordre de 200 milliards €. Sur cette base, le manque à gagner (recettes fiscales) pour le Trésor serait d’environ 7 milliards € par an, soit deux fois le produit de l’impôt. Il est vraisemblable que ces 200 milliards € épargnés par des Français à l’étranger du fait de l’ISF, privent le pays de plusieurs dizaines de milliers d’emplois et expliquent une partie du différentiel entre la croissance française et celle de ses voisins anglais et allemands. Courbe-Laffer.jpg

 

 

 

Schizophrénie ? Oui, car en même temps on veut « taxer les riches » et en même temps on réduit le nombre de contribuables soumis à l’impôt. Nous comptons en France 38 Millions de contribuables mais … 52,5% d’entre eux ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Vulgate dominante de gauche, l’impôt doit épargner les faibles revenus mêmes si ceux-là constituent, par le nombre multiplié par leurs revenus la quasi totalité de l’assiette possible pour l’impôt … Vulgate dominante de gauche car l’impôt doit être distributif, c’est-à-dire … regardez : deux individus, un qui travaille et l’autre qui ne travaille pas. La politique distributive chère à ceux qui nous gouvernent (fussent-ils de droite ou de gauche) est simple : prélever sur celui qui travaille pour donner à celui qui ne travaille pas. Schizophrénie car … on ne peut ne pas réaliser que cela aura un effet immédiat sur la volonté de travailler de celui qui ne travaille pas. Et si l’on ajoute notre état providence … les aides aux personnes dans le besoin, les revenus de remplacement, les subventions multiples et diverses … de plus en plus de gens sortent du champ de ceux qui apportent des revenus pour entrer dans celui des assistés. Cela est de plus en plus tentant de hausser les impôts qui affectent une minorité de revenus moyens supérieurs, pour financer des dépenses qui bénéficieront à une majorité d'individus à revenu inférieur. Et c’est ainsi que l’on est arrivé aux Etats Unis suite aux années Clinton … (années pendant lesquelles on a aussi planté les graines -Fanny May et Freddie Mac- qui ont produit quinze ans après la crise financière de laquelle nous ne sommes pas sortis encore …) a constater en 2007 que 1% de la population (les plus riches) contribuent autant que 95% de la population totale aux recettes fiscales du pays !

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Naturellement, chez nous le phénomène est identique et on obtient une courbe en poire pour la répartition de l’impôt sur le revenu : 10% des plus riches payent 50% du total de l’impôt tandis que les 90 % des contribuables restant ne payent, eux, que 50% du total de l’impôt ! Alors ? Schizophrénie, car sachant cela on fait semblant de ne pas le savoir et … on se retrouve manifester de la Bastille à la République non pas contre la réforme des retraites mais « contre cette réforme » qui ne prend pas assez aux riches pour assurer les retraites à de plus en plus de bénéficiaires quand le nombre de ceux qui travaillent diminue … Schizophrénie, car tout en sachant que l’impôt tue l’impôt on veut, quand même l’utiliser comme principal moyen de redistribution. Pourtant, de nombreux contribuables semblent prêts à nier les fruits de la réduction d'impôt parce qu'ils doutent de la solidité financière du pays lorsque le budget fédéral est déjà en déficit. Permettez-moi de préciser que, dans l'économie actuelle, la prudence budgétaire est d’assurer la responsabilité de la réduction d'impôt même si elle augmente temporairement le déficit : la réduction de l’impôts est le meilleur moyen qui s'offre à nous pour augmenter nos revenus. John F. Kennedy, 
 Rapport sur l’Economie Janvier 1963

 

Schizophrénie ? Oui, car nous nous sommes habitués à chérir des choses en vomissant leurs conséquences : nous sommes attachés à toutes les libertés acquises et aux droits qui vont avec tout en ne voulant pas admettre que dans le monde actuel seuls les « marchés » peuvent assurer le maintien de ces libertés. Et nous vomissons l’économie de marché nostalgiques que nous sommes d’un Colbert qui avait inventé le capitalisme d’état … Nous ne voulons pas reconnaître que dans un monde où le travailleur chinois -qui ne comprend même pas la notion de retraite- est destiné à rogner (faire disparaître à terme ?) nos acquis auxquels nous nous accrochons et que nous ne voulons pas voir écornés par la nécessité d’assurer une retraite au plus grand nombre d’ici vingt ou trente années ne pourront pas être maintenus en l'état.

 

Schizophrénie ? Oui, nous nous gargarisons de nos succès (Airbus ? En oubliant qu’il y a huit pays qui y contribuent) mais on fait semblant ne pas voir que l’on a détruit le tissus industriel qui nous avait été légué. On va vous dire que c’est à cause des délocalisations … mais on oubliera de s’apercevoir du fait que le coût de la main d’œuvre est en France 10% supérieur à celui de l’Allemagne et que notre productivité par personne en 2007 était inférieure de 4% par rapport à 2000. Et on oubliera aussi que les 35 heures (contribution de la gauche au bonheur national) ont contribué à un taux d’imposition implicite (impôts et charges sociales) supérieur de 8% à celui de notre premier concurrent et partenaire, l’Allemagne. Comme on oubliera de s’apercevoir que la part des salaires dans le PIB a augmenté de 33% entre 2000 et 2009 – vous entendrez les leaders syndicaux et ceux de la gauche vous dire le contraire pour justifier qu’il faut taxer les revenus du capital : autant dire, pour l’essentiel, ceux des pécules ramassés par ceux qui ont travaillé une vie entière en pensant, aussi, à leur vie après le travail. (Toutes les données mentionnées sont disponibles dans le portail Eurostat)

Schizophrénie ? Oui, car le déficit des finances français pendant les 35 dernières années est structurel et induit par deux causes majeures : le coût de l’Etat et le différentiel entre la richesse produite et celle consommée par « l’immigration ». Ce déficit (depuis 2003 on promet qu’il sera conforme aux critères de Maastricht, critères imposés par la France …) se monte aujourd’hui à env. 100 Milliards d’euros et a conduit à une dette extérieure de plus de 1.500 Milliards d’euros ! Mais il y a deux sujets dont il ne faut pas parler car, l’un met en branle les syndicats (seul pays en Europe -sauf la Grèce mais  on sait où cela l'a amenée- ou 25% de ceux qui travaillent le font pour l’Etat, Etat dont si le coût est « 100 » voit l’Allemagne ne dépenser que « 80 ») et l’autre touche au tabou de la « diversité » et du politiquement correct. Ce qui fait que la France, qui ne peut rien faire, veut imposer au « marché » la loi de « l’état ». Etat surdimensionné, 36.000 communes, Inter Communales, 99 Départements, 21 Régions … pléthore de fonctionnaires : un sondage en 2008 montrait que 75% d’une classe d’âge allant de 18 à 25 ans souhaitent devenir fonctionnaires … Schizophrénie car on sait que le PIB per capita classe la France en 11èmeposition en Europe et montre un écart négatif de 10% par rapport à l’Allemagne.

Schizophrénie ? Oui, le déficit du système des retraites (tout confondu) sera cette année d’environ 23 Milliards d’euros. On le sait. La notation du crédit de la France, encore la meilleure possible AAA, risque d’être dégradée si la reforme des retraites n’est pas faite. Mais cela ne nous empêche pas de manifester en France et en Navarre contre le gouvernement en essayant d’imposer, par la rue, à un parlement élu par la Nation un changement de cap. Nous sommes schizophrènes car on se targue de vivre en démocratie mais on veut que la rue « se batte jusqu’au bout » … pour imposer sa loi.

Par martin - Publié dans : France
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 14:45

 

 

Depuis des semaines et des semaines on nous rabat les oreilles avec le feuilleton « je t’aime, moi non plus … » qui met en scène les deux protagonistes des négociations israélo-palestiniennes : un qui jure tous les jours qu’il veut la paix (et demande, donc, des négociations directes) et l’autre qui proteste de sa bonne foi tout en réclamant ce qu’il n’avait pas réclamé pendant 17 ans et faisant de cela une pré condition pour lesdites négociations dont le commencement devait se faire sans conditions préalables …

 

Deux protagonistes ? En réalité trois, le troisième tordant les poignets des deux premiers pour qu’il puisse avoir un « succès » à se mettre sous la dent juste avant les élections à mi-mandat, j’ai nommé BHO. Cela pour que l’on ne remarque pas les désastres de la politique US à l'extérieur de ses frontières (main tendue à l’Iran, qui l'ignore et s'en moque, l’Irak sans gouvernement, l’Afghanistan en roue libre, la Syrie alliée de plus en plus ferme de l’Iran, la Turquie 5ème colonne iranienne dans l’OTAN, arrêtons-nous là par souci de compassion). Car les catastrophes intérieures [reforme de la santé vomie par la majorité des américains, politique de l’immigration en lambeaux (des Etats comme l’Arizona faisant, pratiquement, sécession par rapport aux lois fédérales)], chômage sans réduction nonobstant les 1.000 milliards de $ injectés dans une économie qui devient du capitalisme d’état, crise de l’immobilier qui perdure, etc.,) occupent déjà la scène politique américaine.

 

Mais s’il y a un exemple plus parlant que tous les autres en politique étrangère c’est bien la Syrie : depuis deux ans BHO n’a pas arrêté d’envoyer des émissaires à Damas ni d’essayer de convaincre Israël de rétrocéder le Golan (acquis pendant la guerre d’agression déclenchée par la Syrie après l’Egypte en 1967). Le vieux proverbe arabe « la Syrie prend l’hameçon et lui …p…e dessus » est toujours d’actualité, tout au moins pour BHO. Car toutes les visites de tous les émissaires s’accompagnaient de promesses mirifiques d’aide économique, de relations bilatérales approfondies, d’entrée à l’OMC, en veux-tu, en voilà !

 

Le drame (ou le théâtre de l’absurde) : ne reconnaissant pas qu’ils font fausse route (négociations de paix qui ne peuvent pas apporter la paix, souhait de détacher la Syrie de l’Iran quand la Turquie y va à grande vitesse vers une même alliance …), BHO et son administration se préparent à de nouveaux désagréments qui s'ajouteront à ceux qui ont fait qu’ils sont maintenant considérés comme des amateurs dangereux par, pratiquement, tous les pays arabes auparavant ses alliés. Humiliation déjà encourue, elle ne sera que renouvelée.

 

Mais ce qu’il y a derrière l’approche « Syrie » vise, aussi, ce qui se passe au Liban dans le silence assourdissant de tous les intéressés (dont notre pays qui s’est toujours voulu « garant de l’indépendance du Liban »).

 

En effet (et faisant court), après l’assassinat de Rafic Hariri (Syrie ? Hezbollah ?) la France et les Etats Unis (en fait, Jacques Chirac et George Bush) ont réussi à obtenir que la Syrie décampe du Liban et, un an après, qu’une force de l’ONU de 15.000 hommes s’intercale entre le Hezbollah et la frontière d’Israël. Plus une résolution garantissant le désarmement du Hezbollah qui avait déclenché une guerre en 2006, déclenchement condamné par toute la « communauté internationale » et, fait remarquable, par des pays arabes aussi. Mais 5 ans après, on est revenu à la case de départ : la Syrie a repris le contrôle du Liban et laisse celui-ci vivre une sorte de sous démocratie contrôlée par l’épée de Damoclès qui s’appelle le Hezbollah.

 

Comme si ce n’était pas suffisant de voir cette organisation terroriste, forte de milliers de « combattants » et de dizaines de milliers de fusées, entièrement entrainée, financée et dirigée par l’Iran, faire la loi ou s’y opposer quand elle ne lui convient pas, ce qui est en train de se passer c’est la transformation du Liban. L’Etat libanais, sur lequel le Hezbollah a un contrôle total, est en passe de devenir, comme le Canada Dry, un état fantôme : sa souveraineté et son indépendance sont fictives, les relations entre sunnites et chiites dans le pays (pour ne pas parler de ce qui reste des communautés chrétiennes) sont pires que jamais, et si un jour il y a une guerre entre le Hezbollah et Israël (comme en 2006) cet état risque de se retrouver à l’âge de pierre car la fiction de son indépendance ne tiendra pas plus de 4 heures (le temps indiqué par Israël pour détruire l’essentiel des infrastructures libanaises).

 

Ce qui se passe aujourd’hui au Liban a été résumé par le quotidien saoudien al-Watan : « la débauche manifestée à l'aéroport Rafic Hariri (le 18 septembre, à l'occasion du retour de Jamil Sayyed – ancien chef des renseignements militaires libanais à l’ordre de la Syrie) par les membres du Hezbollah reflète le caractère éminemment milicien de ce parti sectaire qui entend s'emparer du pouvoir au Liban et opprimer son peuple civilisé pour imposer un régime autocratique importé de Qom". "Tout le monde sait désormais que le Hezbollah ne veut pas de l'édification d'un État au Liban, ni d'un système libanais moderne, ni de la souveraineté de la loi, et qu'il se moque des résultats démocratiques (des élections législatives). Les Libanais ont aujourd'hui deux choix : ou bien abdiquer au Hezbollah ou bien défendre leur souveraineté bafouée et leur dignité dynamitée en faisant en sorte de ramener le Hezbollah et toutes les autres milices à la raison".

 

Raisonnons une seconde : a. la presse en Arabie Saoudite n’étant pas, vraiment, libre … elle reflète le point de vue des dirigeants de ce pays ; b. la France, garante de l’indépendance du Liban après avoir essayé d’amadouer la Syrie (on se souvient de Bachir Assad à la tribune officielle un 14 juillet …) … se tait comme l’Amérique (car celle-ci veut détacher la Syrie de l’Iran quitte à lui sacrifier le Liban)

 

Mais ce n’est pas tout. L’Egypte, par la voix du porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Houssam Zaki, a accuse, le 20 septembre le Hezbollah de "s'appuyer sur la force d'armes non soumises au contrôle de l'État pour défier ouvertement les autorités exécutives, législatives et judiciaires du Liban" .

 

Ce qui agite le Liban aujourd’hui –ferment de sa destruction programmée en tant qu’Etat indépendant – est le sort réservé aux relations du Liban avec le Tribunal International mis en place par l’ONU (sous l’impulsion double de la France et des Etats Unis) pour trouver, juger et condamner les auteurs de l’attentat qui a coûté la vie de Rafic Hariri. En effet, le Procureur de ce Tribunal est censé publier l’acte d’accusation et de lancer des mandats contre des acteurs présumés : il se trouve qu’une partie de ceux-ci sont des membres du Hezbollah quand il ne sont pas des hauts dirigeants syriens, le cumul n’étant pas interdit. Qu’à cela ne tienne, le Hezbollah a mis en garde le Liban (et avec lui la « communauté internationale ») qu’il ne se laissera pas faire : en clair, fort de ses armes il prendra le contrôle de l’Etat libanais. En le détruisant.

 

Curieusement, le 24 septembre, le Ministère français des Affaires Etrangères a démenti les propos « attribués par un journal libanais à son ambassadeur à Beyrouth » selon lesquels Paris serait intervenu pour retarder la publication de l’acte d’accusations relatif au meurtre en 2005 de Rafic Hariri.

 

Raisonnons encore une seconde : c. le Hezbollah menace l’Etat libanais, d. la Syrie est l’intermédiaire de l’Iran pour contrôler (approvisionner, entrainer, etc .,) le Hezbollah, e. la France laisse faire sachant qu’à la fin, la Syrie réoccupera le Liban sans qu’il ait à craindre son opposition ou celle des Etats Unis. Tout cela parce que, de tous côtés, on a décidé qu’abandonner le Liban à la Syrie serait le prix à payer pour détacher la Syrie de l’Iran.

 

Et, accessoirement, celle-ci ferait la paix avec Israël et arrêterait l’aide qu’elle apporte aux organisations palestiniennes terroristes comme le Hamas ou autre FPLP.

 

Vœux pieux … car la Syrie jouera le jeu de la paix, mais elle ne fera jamais la paix. Bachir Assad ne peut accepter ce que Israël et l'Occident veulent, savoir renoncer à ses relations avec l'Iran et/ou les autres organisations terroristes. La chose la plus importante pour Assad est la survie de son régime. Son standing dans la région est ce qu’il est (« acteur incontournable » disent les occidentaux …) en raison de ses relations avec l'Iran, le Hezbollah, le Hamas, al-Qaida et maintenant la Turquie. Sans ces relations, le roi est nu. C’est grâce à ces relations que tout le monde lui tourne autour et le laisse agir à sa guise au Liban. Qu’il signe la paix avec Israël et tous les premiers et seconds couteaux le feront disparaître, lui et sa famille. Alors … la promesse de récupérer le Golan, il n’a vraiment rien à en faire !

 

Mais, dans le silence parallèle au bruits assourdissants faits avec les « négociations de paix » et pendant le déroulement de la pièce (combien de fois jouée depuis Madrid 1991 ou Oslo 1993 ?) qui met en scène les trois protagonistes identifiés (navré pour notre pays et pour l’obstination de son président à avoir un rôle à y jouer …) on assassine le Liban. On l’étouffe, de l’extérieur, par la nouvelle main mise de la Syrie et, de l’intérieur, en laissant le Hezbollah vider de son sens l’idée même d’un état indépendant. Tout le monde voit cela sauf ... les aveugles (n'est-ce-pas Monsieur Kouchner ?).

 

Et comme Hitler venu à Paris pour voir sa conquête, voilà M. Ahmedinejad qui annonce sa visite au Liban et son intention d’aller dans le territoire contrôlé par l’Hezbollah, sur la frontière avec Israël, pour jeter des pierres sur les soldats israéliens. En attendant qu’il dispose d’une arme nucléaire.

 

Car, à part la pérennité de l’existence du Liban, ce dont il est question c’est bien la marche vers la bombe de l’Iran. Les paris sont ouverts : avant la fin du premier mandat de BHO, l’Iran annoncera disposer d’une arme nucléaire (ou de la capacité de la produire). Et l’histoire se souviendra, ensuite, de l’administration actuelle des Etats Unis non pas comme de celle qui en acceptant des déficits abyssaux aura conduit au dysfonctionnement de l'économie, ou qui aura mis en place un système de santé mort né, ou qui aura essayé de mettre en place un gouvernement démesuré et par la même oppressif pour son peuple.

 

L’histoire se souviendra, qu’en essayant d’être un nouveau Chamberlain, BHO aura permis aux mollahs de disposer d’une bombe A ou H. Alors le Liban …

 

Par martin - Publié dans : France - Géopolitique
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Vendredi 3 septembre 2010 5 03 /09 /Sep /2010 15:39


 

 

Le dîner fût cordial, les plats (presque) végétariens, cacherout et halal obligent, les convives se connaissaient tous et se sont rencontrés maintes et maintes fois à l’exception de leur hôte, le dernier locataire en date de la Maison Blanche. Tout s’est donc bien passé et pour le faire savoir, urbi et orbi, une conférence de presse a été organisée par la Dame Clinton au Département  d’Etat. Remarquez, elle aurait dû demander l’avis de son mari avant car l’expérience du Camp David de 2000 doit faire encore partie de ses souvenirs les plus marquants de sa deuxième présidence.

 

Un brin gênés, tous, par un peu de sang versé à point nommé par le Hamas mais bravant l’intermezzo qui rappelait qui détenait, réellement, la clé de leurs discussions, les protagonistes de l’avant-dernière tentative (car, soyez rassurés, il y en aura une autre …) voulant négocier la paix entre Israël et l’Autorité Palestinienne ont  tous protesté de leur bonne foi et de leur décision d’aboutir à un accord final. Bigre …

 

Mais bon sang (versé …) ne saurait mentir : en condamnant les deux ignobles attentats terroristes revendiqués par le Hamas, autant BHO que Mahmoud Abbas par leurs déclarations ont montré ce que la négociation occulte : l’impossibilité de concilier les fondements des positions israélienne et palestinienne. En effet, ils ont clairement lié le terrorisme, un à l’objectif de faire capoter les discussions et l’autre, un peu plus nuancé, à l’occupation des terres palestiniennes par les « colons » israéliens.  Rationaliser et lier le terrorisme à quoi que ce soit justifie l’action barbare de ceux qui le pratique : on n’a pas seulement tué de loin quatre israéliens dans leur voiture, on a « farci » de balles leurs cadavres (morts …). En ne condamnant pas clairement de tels actes les deux musulmans (enfin, un seulement à la naissance …) font semblant de ne pas comprendre que les assassins à la solde du jihad contre les juifs et les israéliens n’ont besoin d’aucune justification. Ils tuent, un point c’est tout. Car, soldats de la grande communauté destinée à conquérir le monde, ils sont engagés dans l’anéantissement de leurs ennemis et non pas dans le déraillement des négociations de paix … ni dans la récupération des terres souillés par la présence des juifs. Cela viendra de surcroît, s’ils gagnent : étant certains de leur réussite finale ils n’ont pas d’états d’âme. Mais BHO et Mahmoud Abbas ne savent-ils pas cela ? Oh, que si … mais il faut donner le change …

 

Négociations de paix … on croît rêver !

 

Trois raisons majeures, du côté israélien, pour lesquelles ces négociations (pas plus que les précédentes) n’aboutiront pas à un « accord final » car les palestiniens ne les accepteront pas :

* reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël

* refuser tout « droit au retour » au 4,5 millions de « réfugiés » (650/800.000 selon les versions, au départ en 1948) en Israël

* mettre fin, une fois pour toutes, à toutes réclamations, d’un côté et de l’autre.

 

Certes, d’autres demandes israéliennes sont importantes (démilitarisation de l’éventuel état palestinien, « partage » des territoires autour de Jérusalem, frontières définitives, etc.,) mais depuis que l’on négocie … on sait pouvoir trouver des compromis.

 

Trois raisons majeures du côté palestinien pour lesquelles ces négociations (pas plus que les précédentes) n’aboutiront pas à un « accord final » car les israéliens ne les accepteront pas :

 

* non reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël (car cela rendrait irréalisable la revendication du droit au retour des « réfugiés » en Israël)

* retrait d’Israël sur les « frontières de 1967 » (en réalité les lignes d’armistices de 1948  après la décision de partage de la Palestine -ou de ce qu’il restait après l’ignoble charcutage anglais pour créer ex nihilo la « Royaume Hachémite de Jordanie)

*  arrivée en Israël des « réfugiés » palestiniens parqués depuis plus de       60 ans par leurs frères libanais, syriens ou égyptiens dans des camps de réfugiés.

 

Certes, d’autres demandes palestiniennes sont importantes (« partage » des territoires autour de Jérusalem, capitale, frontières définitives, etc., « futur état palestinien » doté de tous les attributs d’un état souverain – armée, contrôle de l’espace aérien, etc.,) mais depuis que l’on négocie … on sait pouvoir trouver des compromis.

 

Il ne faut être grand clerc pour comprendre que les deux jeux de conditions sine qua non sont irréconciliables. Et si vous qui lisez ce texte vous le comprenez, comment croire que tous ceux réunis, encore une fois, à Washington ne le comprend pas ?

 

A quoi bon, dès lors, de faire semblant ? Vous trouverez des tas d’explications dans la presse française et/ou mondiale et selon le degré de parti pris des uns et des autres elles seront liées au caractère « d’extrême droite » du gouvernement actuel d’Israël qui ne veut pas faire des concessions ou au besoin des palestiniens à ne pas aller à l’encontre de la volonté américaine car … ils seraient sevrés du lait des subventions (essentiellement américaines et européennes) qui coule dans leurs pots depuis plus de 60 ans.

 

L’histoire est cependant là pour nous montrer que, nonobstant la couleur politique du gouvernement israélien les palestiniens n’ont jamais voulu accepter un compromis de fond et qu’ils ont fait tout pour qu’un état palestinien ne soit pas une option réelle. Exemple ? Les offres faites par Ehud Barak à Camp David en 2000 et, ensuite, à Taba en 2001 et rejetés sans offre alternative par Yasser Arafat. Exemple ? Les offres faites par Ehud Olmert en 2008 et rejetées, sans offre alternative, par Mahmoud Abbas la même année.

 

Mais, hypothèse d’école, parce que les Etats Unis veulent peser de tout leur poids (argent pour les palestiniens, support contre l’Iran pour Israël), ils vont faire les pressions qu’ils pourront faire et, oh miracle, un accord sera conclu. Hypothèse d’école.

 

Israël bénéficie d’un apriori favorable quand il s’agit de mettre en place un accord négocié par son gouvernement : Yamit, colonie démembrée en 1982 après accord de paix avec l’Egypte, le Sinaï en totalité rendu à l’Egypte, Gaza évacuée en 2005 et dislocation de plusieurs colonies groupant environ 8.000 personnes, trois exemples parmi d’autres. Peut-être procéderont-ils à un referendum dont l’issue ne semble pas poser d’interrogation s’il s’agit d‘une fin complète et totale du conflit.

 

En revanche, on s’apercevra, alors, que Mahmoud Abbas n’a aucun pouvoir pour appliquer ledit accord, ni à l’intérieur du territoire où il se trouve (mais qu’il ne contrôle pas en réalité …) ni surtout dans l’autre moitié de son royaume, Gaza, où le Hamas n’a aucune raison de renoncer à ce qu’il a obtenu depuis 2006 : créer et maintenir un « hamastan » réceptacle de l’aide de tous ceux qui veulent détruire Israël, perspective de plus en plus souhaitée non seulement par le monde musulman mais aussi par une (grande) partie de l’Europe. Et surtout par l’Iran. Car, ne nous trompons pas, il n’y aura jamais de paix au Proche Orient avec un Iran devenu puissance nucléaire.  Perspective d’autant plus plausible que, par delà tous les discours concernant les sanctions « sérieuses », tout le monde semble s’être résigné à voir un Iran disposant de la bombe.

 

Mais alors à quoi servent les « négociations de paix », à quoi va-t-elle servir cette nouvelle tentative de reprendre un « processus » qui ne mène nulle part ? En réalité, les rencontres de cette semaine ont eu lieu car les protagonistes étant incapables (et ils le savent) de « faire la paix » une fois pour toutes, ont besoin, désespérément, de faire semblant de vouloir trouver une solution. Surtout BHO, dont tous les « experts » s’accordent à dire que le spectre de la perte de la majorité des démocrates aux deux chambres (députés et sénateurs)  prenant l’aspect d’un plébiscite contre sa politique (ou ses politiques) l’oblige d’espérer la bienveillance du « lobby juif »*.

 

Le mythe de Sisyphe … au moins lui, condamné aux Enfers, devait pousser indéfiniment une énorme roche ronde jusqu'en haut d'une montagne. Parvenue au sommet, la roche, sous l'effet de la gravité, redescendait jusqu'au pied de la montagne, et Sisyphe devait recommencer sa harassante tâche. Les protagonistes de la rencontre de Washington seraient-ils de nouveaux Sisyphes ?

 

 

 

   

* Karel De Gucht, ancien ministre des Affaires étrangères belge (si, si, ce n’est pas une blague …) et actuellement Commissaire au Commerce de l’Union Européenne, a affiché jeudi son scepticisme sur les chances de succès des nouvelles négociations directes entre Palestiniens et Israéliens. Interrogé sur la radio de la VRT, il a affirmé que "le lobby juif au Capitole ne doit pas être sous-estimé………".  "Ne sous-estimez pas non plus l'avis du juif moyen en dehors d'Israël", chez qui il existe "la croyance d'avoir raison", "Il n'est pas facile, a ajouté M. De Gucht, même avec un juif modéré, d'avoir une conversation rationnelle". On a accusé des gens d’antisémitisme pour moins que cela …

 

 

 

 

Par martin - Publié dans : France - Géopolitique
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Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 10:28

 

 

Il fait chaud à Paris, samedi dernier -jour de grand départ en vacances nonobstant la crise économique que le pays traverse- on décomptait 683 km de bouchons cumulés et les hôtels et les campings affichent un taux d’occupation de plus de 80%. On prend des forces pour pouvoir, à la rentrée, s’opposer fermement à tout ce que le gouvernement a préparé, la reforme des retraites en premier lieu …

 

Pendant ce temps, pas très loin de nous, au Moyen Orient, l’Iran continue sa marche vers la bombe. Certes, les déclarations dithyrambiques n’ont pas manqué depuis des années : « la bombe ou le bombardement » disait notre Président il y a trois ans, « Il ne devrait y avoir aucun doute - les États-Unis et la communauté internationale sont déterminés à empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires" déclarait le 1erjuillet le Président américain.

 

Pendant que les uns parlent, les centrifuges de Natanz et/ou d’Ispahan continuent de tourner et l’Iran a accumulé plus de 2.500 kg d’Uranium faiblement enrichi (3,5%) et a commencé, depuis février 2010, la production d’Uranium enrichi à 20%. Aucune des raisons mises en avant par ce pays pour justifier ce qu’il fait n’a été considérée comme plausible mais on sait qu’atteindre le seuil de 20% confirme la maîtrise du processus pouvant pousser l’enrichissement au delà de 90%, ce qui est nécessaire pour une arme nucléaire. Et les centrifuges tournent …

 

Selon un rapport de International Atomic Energy Agency (IAEA) de juin 2009 le site d’enrichissement de Natanz disposait de plus de 7.000 centrifugeuses dont 5.000 tournaient à plein régime. Cela représentait une augmentation de 30% par rapport à ce que l’IAEA avait trouvé en février 2009. A ce rythme on peut supposer qu’actuellement l’Iran dispose (sur le site connu …) de plus de 8.000 centrifuges et de plus de 400 tonnes d’Hexafluorure d’Uranium qui attendent à être injectées dans lesdites centrifuges ….

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Et une fois que Natanz fonctionnera à pleine capacité - 50.000 centrifugeuses selon l’Iran - l'usine sera en mesure de produire environ cinq cents kilogrammes d'uranium de qualité militaire par an, assez pour environ trente à quarante armes nucléaires.

 

Mais l’Iran, à part sa quête d’armement nucléaire est en train de pousser ses pions dans plusieurs directions du Proche et du Moyen Orient, de l’Afrique et de l’Amérique Latine. On s’est habitué à la présence directe ou de supplétifs de l’Iran en Syrie, au Liban ou à Gaza. On a fait moins attention aux tentatives (presque toutes couronnées de succès) d’implantation en Afghanistan et Tadjikistan, en Algérie et Mauritanie, au Yémen ou en Somalie ou, plus loin en Afrique, par exemple au Zimbabwe.

 

C’est ce qui a commencé à inquiéter les états arabes car ils se voient, d’un côté, menacés d’un encerclement par le Sud et l’Ouest et, d’un autre côté, par l’éventualité d’un Iran « nucléaire ». Et ils ne voient pas d’un bon œil le fait que l’Iran encourage l’Algérie ou le Maroc, par exemple, de se doter de moyens nucléaires.

 

Ces états ne sont pas, seulement, des alliés des Etats Unis. Ils ont des relations fortes avec l’Europe, la Russie ou la Chine. Ils ne comprennent pas, pour l’instant, la dérive de la Turquie vers une alliance avec l’Iran tout en faisant partie de l’OTAN (ni les risques pris par ce pays quant aux soucis éventuels liés à la « question du génocide arménien » ou à la répression des mouvements kurdes). C’est dire que les « maux de tête » des pays arabes provoqués par un Iran nucléaire commencent à faire comprendre aux trois partenaires cités que le temps est venu pour faire quelque chose. Quoi ?

Carte-copie-1.jpg

 

Tous à leurs affaires avec l’Iran jusqu’ici, les Européens commencent, eux aussi, à avoir vraiment peur. Ils savaient que les états arabes sunnites ont toujours été inquiets face à l’impérialisme iranien mais ils ont sous-estimés les capacités de l’Iran à les mener, eux, par le bout du nez. La Russie est en train de jouer un jeu curieux (un jour elle est pour les sanctions, le jour d’après elle dit ne pas les respecter …), mais après la révolte massive islamiste en Tchétchénie et plus récemment les attaques terroristes à Moscou ou en Russie même, les Russes ne peuvent pas oublier qu’ils ont combattu les envahisseurs musulmans pendant plus de cinq cents ans. L'Eglise orthodoxe russe, aujourd’hui un des piliers de la Russie de Poutine, est en conflit avec l'Islam, depuis la chute de l'Empire byzantin. La Chine, bien que les plus de 50 millions de musulmans (ouïghours) lui créent des soucis sans nombre (mais leur répression sans pitié n’a jamais ému les droithommistes du monde entier) n’a en tête que la recherche de sources d’approvisionnement en énergie et l’Iran lui fournit actuellement plus de 10% de ses besoins totaux. Paysage compliqué pour les états arabes pour obtenir des attitudes claires et fermes de la part de leurs partenaires européens, russes ou chinois.

 

Sans le dire, tout le monde attend que quelqu’un se charge de faire ce que l’on doit : arrêter la course de l’Iran vers la bombe, définitivement ou la retarder d’une dizaine d’années. Bien que les choses soit totalement différentes (étendue du programme, dissémination des sites, nombre et formation des scientifiques engagés, capacités de réaction directe ou par supplétifs, etc.,) on a toujours présent à l’esprit la destruction du programme nucléaire de l’Irak de Saddam Hussein centré sur le réacteur Ossirak (fourni par la France de Giscard et de Chirac). Pour disposer de moyens de rétorsion en cas de besoin, pendant des années, l’Iran a poursuivi une stratégie simple : s’approcher autant que faire se peut de sa première cible, Israël, et disposer de moyens militaires importants pouvant menacer les armées américaines présentes en Irak ou en Afghanistan ou leurs bases dans les pays du Golfe. Le Hezbollah au Nord d’Israël, la Syrie au Nord-Est, le Hamas au Sud (Gaza) constituent autant de têtes de pont mais elles n’avaient pas l’air de fâcher les états arabes vu leur rejet de l’état juif. Ils oubliaient, cependant, que pour l’Iran Israël n’est qu’un domino (par delà la vulgate du Coran « tue le juif » et par delà la « libération d’un territoire musulman ») et que l’Iran a toujours convoité le pétrole du Golfe (Arabie Saoudite, les Emirats, etc.,soit, en 2007, peu ou prou, entre le tiers et la moitié des besoins mondiaux en, hydrocarbures - regardez le graphique qui suit) et toujours souhaité devenir le gardien des cités saintes, Mecque et Médine.

Petrole.jpg

 

  Alors, tant qu’Israël se faisait entourer de pays hostiles disposant de missiles balistiques et/ou de croisière, tant que des SCUD pouvant porter une demi tonne d'explosif entraient dans l’arsenal de la Syrie ou de l'Hezbollah, les pays arabes regardaient ailleurs. Mais savoir que les Iraniens pourraient disposer d’un engin nucléaire à brève échéance et que même maintenant ils peuvent lancer des armes nucléaires « sales » (qui utilisent des explosifs conventionnels combinés avec des métaux radioactifs), là ces états arabes montrent qu’ils sont courageux mais pas téméraires ... Et si l’on ajoute que l’Iran est crédité d’une capacité lui permettant d’atteindre l’Europe ou les Etats Unis dans moins de cinq ans … l’Occident aussi commence à se poser des questions. Bien que, ce qui a prédominé jusqu’ici en Europe (mais pas seulement en Europe) a été l’idée (ou l’espoir) d’un pragmatisme réel des iraniens. Mais leur volonté d’obtenir la défaite des États-Unis et la destruction d'Israël commence à être comprise pour ce qu’elle est : non pas une position de négociation ou l’expression d’une rhétorique irréalisable. Un Iran acquérant des armes nucléaires détruira l'équilibre entre l'idéologie et le pragmatisme en faveur de la première. Une preuve ? Revendiquer, par exemple, l'Etat arabe de Bahreïn en tant que 23ème province iranienne car 70% de sa population est chiite.

 

Tout cela fait que l’on a compris que ce qui a fonctionné pendant la guerre froide (MAD = Mutual Assured Destruction) n’est pas de mise aujourd’hui : les deux acteurs de la guerre froide, les Etats Unis et la Russie, étaient rationnels, les mullahs qui dirigent l’Iran ne le sont pas. De plus, l’Iran ne cache pas son idéologie de conquête du monde car les mullahs pensent que Dieu veut qu'ils contrôlent le monde (et l’Arabie Saoudite le sait bien, elle qui a contribué plus que tout autre à la dissémination conquérante du wahhâbisme dans le monde, dissémination sous-tendue par la même volonté de conquête du monde).

 

Mais à part les états arabes, une grande partie du monde a commencé à se demander comment répondre à la menace potentielle de l’Iran sur l’approvisionnement en pétrole (fermeture du Détroit de Hormuz ?), à sa capacité d’initier des guerres asymétriques (Hezbollah au Liban, Hamas à Gaza, Houti au Yémen, etc.,) ou à la prolifération nucléaire qui suivrait l’accession de l’Iran au nucléaire militaire ou l’éventuelle utilisation par ses supplétifs (la Syrie) de moyens chimiques ou biologiques.

 

Tant que l’Iran n’affichait que sa détermination de « rayer Israël de la carte du monde » … on pouvait vivre avec. Vivre avec un Iran nucléaire dont la volonté de domination (mondiale) s’affirme (et se réalise … voir les « diagonales du fou ») c’est une autre paire de manches. Et les états arabes, premièrement, n’en ont d’envie aucune de cela : cela fait plus de mille ans depuis que les perses en veulent aux arabes d’avoir « cassé » leur empire et autant depuis que les chiites veulent dominer les sunnites …

 

Alors ? Eh oui … on regarde du côté d’Israël. Une des raisons majeures pour lesquelles les états arabes font semblant d’accepter l’existence d’Israël en demandant, à corps et à cris (d’une manière totalement fallacieuse) la création d’un état palestinien, est parfaitement visible : laisser Israël attaquer, détruire ou retarder le programme nucléaire iranien. De leur point de vue, si Israël réussit, c’est gagné. Si Israël ne réussit pas, c’est gagné aussi car le monde entier verra qu’Israël est un fauteur de guerre qui ne mérite pas d’exister …

 

Du point de vue d’Israël les choses ne sont pas très différentes : elle ne peut pas vivre (ou admettre) sous la menace permanente d’un Iran nucléaire et qui a inscrit sur le frontispice de sa constitution l’obligation ardente de la détruire. Si Israël détruit, préventivement, les capacités nucléaires (ou autres) de l’Iran elle sera condamné par la communauté internationale avec un enthousiasme non dissimulé. Mais qui ne dissimulera, non plus, sa satisfaction de voir le problème iranien résolu comme le nœud gordien … Si Israël ne fait rien elle devra vivre avec un Iran nucléaire autant dire avec une épée de Damoclès permanente. Si Israël réussit à détruire (ou retarder) le programme nucléaire iranien elle sera encore plus « le juif des états » et condamnée par tous mais … l’Iran n’aura pas la bombe …

 

Disposant de trois systèmes d’armes sans équivalent en Iran (fusées balistiques intercontinentales, sous-marins pouvant effectuer des tirs de missiles de croisière –charges conventionnelles ou nucléaires tactiques- et d’une aviation sans égale au Moyen Orient, Israël va se trouver très rapidement en obligation de décider de son avenir. A ce moment-là, l’Occident (mais pas seulement) aura à se décider aussi : si l’Iran riposte contre les troupes américaines ou contre les pays du Golfe, personne ne pourra rester inactif. Et toute menace sérieuse de l’Iran se verra opposer la réponse simple, donnée par Hillary Clinton pendant la campagne électorale de 2008 à la question « si l’Iran attaque, vous ferez quoi ? » - ce pays sera vitrifié. Certes, celui qui a été élu président, à la même question, à répondu, lui : « je vais y penser ». Peu probable, cependant qu’il ne fasse rien car par delà le nucléaire « les diagonales du fou » montrent une volonté impérialiste que personne aujourd’hui (sauf les états faillis comme le Zimbabwe ou en attente de l’être comme le Venezuela ou la Bolivie) ne peut accepter.

 

Au fait, le fou c’est qui ?

 

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Par martin - Publié dans : France - Géopolitique
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